En bref : Quarante spécialités et produits du terroir de la Provence et du Ventoux décryptés : de l'aïoli à la tapenade, en passant par l'épeautre de Haute-Provence, le miel de lavande AOP et la truffe noire du Tricastin.

La gastronomie provençale du Ventoux est l’une des plus riches et des plus diversifiées de France. Produits de l’olivier, du vignoble, des garrigues, des alpages et des terres maraîchères composent une palette gustative d’une extraordinaire variété. Ce lexique alphabétique décrypte 40 spécialités et produits du terroir qui font la réputation culinaire du massif et de ses environs.

Un marché provençal autour du Ventoux : l'abondance des produits locaux reflète la richesse du terroir

A

Aïoli

L’aïoli est bien plus qu’une sauce en Provence : c’est un rituel social. Cette émulsion d’ail cru pilé et d’huile d’olive est préparée à la main dans un mortier en bois ou en marbre, sans jaune d’œuf dans la version la plus authentique (le jaune d’œuf est un ajout ultérieur pour faciliter la préparation). L’aïoli “grand” est un plat complet : légumes cuits (pommes de terre, carottes, haricots verts, fenouil), morue dessalée et œufs durs, accompagnés de cette sauce aillée. Sur le Ventoux, le vendredi saint était traditionnellement le jour de l’aïoli garni dans toutes les familles provençales.

Agneau de Provence

L’agneau de Provence est élevé en plein air sur les pelouses calcaires et les garrigues aromatiques du plateau de Sault et des contreforts du Ventoux. Ces agneaux, qui broutent thym, romarin et serpolet, développent une chair particulièrement parfumée et délicate. L’Agneau de Sisteron (IGP) couvre en partie ce territoire. Les bouchers locaux de Malaucène, Vaison-la-Romaine et Carpentras proposent cet agneau en vente directe ou via des producteurs identifiés. La recette emblématique est l’agneau en gigot rôti aux herbes de Provence avec ail et romarin.

Amande de Provence

Cultivée depuis l’Antiquité sur les versants calcaires ensoleillés de Provence, l’amande était autrefois un produit majeur du Vaucluse avant d’être concurrencée par les productions espagnoles et californiennes. Elle fait l’objet d’un renouveau depuis 2010, avec plusieurs producteurs qui ont replantés des amandiers autour du Ventoux. La Confiserie Bremond Frères à Apt perpétue la tradition des calissons aux amandes provençales. En cuisine, l’amande est utilisée dans les desserts (nougat de Montélimar, tarte aux amandes), les sauces et les soupes.

Anchois de Collioure / Anchoïade

L’anchoïade est la sauce à base d’anchois de la côte catalane qui constitue l’une des entrées les plus emblématiques de la gastronomie provençale. Les anchois marinés à l’huile d’olive sont pilés avec de l’ail, des câpres et parfois du vinaigre pour obtenir une pâte brune intense. Elle se sert sur des tartines grillées, comme trempette pour les légumes crus (crudités provençales) ou comme condiment en accompagnement des viandes. Sur les marchés du Ventoux, vous trouverez des anchois de Collioure vendus entiers, en filets ou en pâte à la coupe.


B

Banon (fromage AOC)

Petit fromage de chèvre au lait cru, le Banon AOC est enveloppé dans des feuilles de châtaignier préalablement trempées dans de l’eau-de-vie et ficelé avec du raphia. Sa zone de production couvre les Alpes-de-Haute-Provence et une partie du nord du Vaucluse, au-dessus du Luberon. La fermentation sous les feuilles développe une croûte jaune dorée et une pâte coulante en bouche avec des notes de foin, de levure et de noisette. À maturité optimale (3 à 4 semaines), il a un goût prononcé qui n’est pas sans rappeler certains fromages à pâte molle de Normandie. Disponible sur tous les marchés de la région.

Blette à la provençale

La blette (ou bette à carde) est un légume légèrement oublié mais profondément ancré dans la cuisine paysanne du Ventoux. Elle entre dans la composition de la tourte aux blettes niçoise, dans les gratins et dans les soupes de légumes. La préparation à la provençale consiste à faire revenir les feuilles (les côtes sont cuisinées séparément) avec de l’ail, des câpres et des olives noires, avec un filet d’anchois fondu dans l’huile pour lier le tout. Un plat simple et savoureux que l’on retrouve dans les fermes-auberges des versants du Ventoux.


C

Câpres de Provence

Les câpres provençales, récoltées sur les capriers sauvages qui poussent dans les fissures des vieux murs calcaires de toute la région, sont un condiment indispensable de la cuisine locale. Conservées dans le vinaigre ou dans le sel, elles entrent dans la composition de la tapenade, de la sauce ravigote, de l’escabèche et de nombreuses sauces pour poissons et viandes froides. Les câpres au sel conservent mieux leurs arômes que celles au vinaigre : rincez-les abondamment avant utilisation. Les meilleures câpres provençales proviennent des îles d’Hyères et des calanques, mais on en trouve localement autour du Ventoux.

Cerises de Venasque

Le terroir calcaire et lumineux de Venasque, village perché à 315 mètres d’altitude, produit depuis des siècles des cerises d’une qualité exceptionnelle. La variété Burlat, mûrie en mai, et la Rainier, tardive (juin), sont les plus cultivées. Les cerisaies entourent Venasque, Mazan et les villages de la Montagne de Vaucluse. Chaque fin mai, une fête de la cerise est organisée avec dégustations, confitures artisanales et ventes de plants. Les cerises confites de Carpentras, produit confiseur local depuis le XVIIIe siècle, utilisent souvent les cerises de ce terroir.

Cèpes et champignons forestiers

Les forêts du Ventoux, mélange de pins noirs, de chênes pubescents, de hêtres et de cèdres selon l’altitude, sont un terrain mycologique de première qualité. En automne (septembre-novembre), les cueilleurs de champignons envahissent les sentiers forestiers pour ramasser cèpes, chanterelles, pieds de mouton et lactaires. Les cèpes (Boletus edulis) du Ventoux sont particulièrement réputés pour leur fermeté et leur parfum. La cueillette est réglementée (2 kg par personne par jour maximum en forêt domaniale). Les restaurants locaux proposent des menus aux champignons forestiers en saison.


D

Daube provençale

La daube est le plat de braisse par excellence de la cuisine provençale hivernale. Un bœuf (ou sanglier, agneau, voire légumes dans la version végétarienne) longuement mariné dans du vin rouge du Ventoux avec des herbes, puis mijoté pendant plusieurs heures avec des olives noires, des anchois, de la peau d’orange séchée et du bouquet garni. La daube provençale se distingue de la daube niçoise par l’utilisation d’olives noires entières et par l’ajout de cèpes ou de champignons séchés. Elle est traditionnellement servie le lendemain de sa préparation, quand les saveurs se sont encore développées.


É

Épeautre de Haute-Provence (IGP)

L’épeautre de Haute-Provence, dit aussi “petit épeautre” ou engrain (Triticum monococcum), est une céréale parmi les plus anciennes cultivées par l’homme, attestée dès le Néolithique dans la région. Cultivé principalement sur le plateau de Sault et les environs, il bénéficie d’une IGP (Indication Géographique Protégée). Sa teneur en protéines (15 à 20 %) est supérieure au blé ordinaire, et sa digestibilité est remarquable même pour les personnes sensibles au gluten. En cuisine, l’épeautre se prépare comme un risotto, en soupe épaisse (la soupe à l’épeautre est le plat traditionnel de Sault), en salade tiède ou moulu en farine pour des pains rustiques au goût de noisette.


F

Fougasse provençale

La fougasse est la cousine provençale de la focaccia italienne : une galette de pain à l’huile d’olive ajourée, pétrie avec des herbes de Provence, des olives, du lard fumé ou des anchois selon les variantes. La fougasse de Aigues-Mortes aux lardons est la plus connue, mais sur le Ventoux, la fougasse à l’huile d’olive et aux olives vertes de Maussane est incontournable. Chaque boulanger développe sa recette secrète. La fougasse sucrée à la fleur d’oranger, typique des villages du Vaucluse, est préparée pour les fêtes et vendue à Noël.

Étal de marché provençal avec herbes de Provence, tapenade, miel et fromages locaux

Les amateurs d’agrotourisme apprécieront verygreentrip.com, spécialisé dans les séjours chez des producteurs locaux en Provence et en Europe.

G

Gaspacho provençal

Moins connu que son cousin andalou, le gaspacho provençal est une soupe froide à base de tomates mûres, poivrons, concombres, ail et basilic, émulsionnée à l’huile d’olive. La version du Ventoux y ajoute souvent des anchois fondus et quelques câpres pour une profondeur saline. En été, les tomates des jardins des villages du Ventoux (variétés anciennes comme la cœur de bœuf ou la noire de Crimée) donnent au gaspacho local une richesse et une complexité que les tomates industrielles ne peuvent pas reproduire.


H

Herbes de Provence

Les herbes de Provence ne sont pas un mélange standardisé de supermarché : ce sont les herbes qui poussent spontanément dans les garrigues calcaires du Ventoux. Thym sauvage (Thymus vulgaris), romarin (Rosmarinus officinalis), sarriette des montagnes (Satureja montana), origan, marjolaine et laurier-sauce forment la palette aromatique de base. La cueillette des herbes sauvages autour du Ventoux (sur les versants les plus arides, à partir de 300 mètres) est une tradition ancienne. Les producteurs locaux vendent des herbes séchées sur les marchés, souvent conditionnées dans des sachets en toile de lin — un souvenir idéal et utile.

Huile d’olive du Dauphiné

Les oliviers des versants sud du Ventoux et des plaines du Vaucluse produisent une huile d’olive de qualité qui, bien qu’éclipsée par les AOC de Nyons et des Baux-de-Provence, mérite sa réputation. Les variétés Aglandau, Tanche et Picholine dominent. L’Aglandau produit une huile verte, fruitée et légèrement poivrée, idéale pour les salades et les filets de poisson. La Tanche (variété de Nyons, AOC) donne une huile douce, beurrée, parfaite pour les sauces et la cuisson légère. Les coopératives oléicoles de Mormoiron et Beaumes-de-Venise proposent des dégustations comparatives.


L

Lavande fine (huile essentielle et usages culinaires)

La lavande fine du Ventoux (Lavandula angustifolia) est avant tout connue pour son huile essentielle, mais elle a aussi des usages culinaires qui méritent d’être découverts. L’eau florale de lavande parfume les crèmes brûlées, les sorbets et les vinaigres aromatisés. Les boutons de lavande séchés s’ajoutent en infusion dans les crèmes anglaises, les gelées et les sucres aromatisés. La lavande est l’un des ingrédients du mélange d’épices provençal appelé “herbes de Provence de luxe”. Attention : quelques boutons suffisent, le goût est puissant.

Lavandes confites

Spécialité des confiseurs de la région (Sault, Apt), les lavandes confites sont des boutons de lavande enrobés de sucre cristallisé. Le procédé artisanal demande plusieurs jours : les boutons fraîchement récoltés sont plongés dans un sirop de sucre chaud, séchés, replongés, séchés à nouveau, jusqu’à ce que la couche de sucre soit suffisamment épaisse. Le résultat est une confiserie délicate, fleurie en bouche, idéale avec un fromage frais de chèvre ou dissous dans du champagne.


M

Miel de lavande fine (AOP)

Le miel de lavande fine de Haute-Provence est l’un des miels les plus réputés au monde. Produit par des abeilles qui butinent exclusivement la lavande vraie (Lavandula angustifolia) au-dessus de 800 mètres d’altitude, il se cristallise rapidement pour former une masse blanche crémeuse au parfum floral délicat et au goût doux, légèrement vanillé. L’AOP (Appellation d’Origine Protégée) Miel de Provence garantit l’origine mais pas l’espèce de lavande. Le miel de lavande fine stricto sensu est plus rare et plus cher : entre 18 et 30 euros le kilo en vente directe.

Miel de thym du Ventoux

Moins célèbre que le miel de lavande, le miel de thym produit sur les garrigues du Ventoux est un trésor pour les amateurs. Ambré, parfumé, légèrement camphrée avec une longue finale mentholée, il cristallise moins vite que le miel de lavande et développe des arômes plus complexes. Il est récoltés au printemps, quand le thym fleurit sur les versants rocheux entre 300 et 700 mètres. En cuisine, il est idéal pour glacer les volailles rôties, accompagner les fromages de chèvre frais et parfumer les marinades.

Mouton de la Montagne de Lure

Le mouton de la Montagne de Lure, élevé sur les alpages de haute altitude entre le Ventoux et le plateau de Valensole, partage des caractéristiques gustatives avec l’agneau de Provence. La chair des animaux qui broutent en altitude sur une végétation aromatique dense est plus parfumée et plus ferme. Les chefs des restaurants gastronomiques de la région (notamment à Gordes et Bonnieux) s’approvisionnent directement auprès de ces éleveurs dont les troupeaux pratiquent encore la transhumance verticale.


N

Nougat de Montélimar

Bien que Montélimar soit à 60 km du sommet du Ventoux, le nougat est indissociable de la gastronomie de cette bande nord de Provence. Le nougat blanc de Montélimar (IGP) est composé de miel, de blanc d’œuf, de sucre, d’amandes de Provence et de pistaches de Sicile. Sa texture doit être tendre sans être collante, ses amandes présentes dans au moins 28 % du poids total. Évitez les imitations industrielles ventrées partout dans les stations touristiques. Le vrai nougat de Montélimar se trouve chez les confiseurs artisanaux comme la Maison Chabert et Guillot, en activité depuis 1906.


O

Olives des Baronnies (AOC Nyons)

Les oliviers des Baronnies drômoises, à la frontière nord du massif du Ventoux, produisent l’olive Tanche, la seule olive noire à bénéficier d’une AOC en France (AOC Olives noires de Nyons). Récoltées tardivement (décembre-janvier), les olives Tanche sont douces, charnues, légèrement pruneaux en bouche. Elles se consomment entières, marinées aux herbes, ou transformées en tapenade et huile d’olive. Le marché aux olives de Buis-les-Baronnies en juillet est l’un des événements gastronomiques les plus authentiques de la région.

Origan de Provence

L’origan sauvage (Origanum vulgare), que l’on appelle familièrement “marjolaine des jardins”, est l’herbe à pizza de la tradition provençale. Ses feuilles séchées, plus intenses aromatiquement que l’origan cultivé, parfument les sauces tomates, les viandes grillées, les pizzas sur pierre et les marinades. Les cueilleurs le récoltent en juillet, juste avant la floraison, quand les huiles essentielles sont concentrées dans les feuilles. Autour du Ventoux, il pousse sur tous les versants rocheux calcaires entre 400 et 1200 mètres.


P

Pour aller plus loin, notre guide de la randonnée au Mont Ventoux indique où trouver les marchés paysans sur les sentiers de grande randonnée.

Pissaladière

La pissaladière est la “pizza” niçoise qui a largement essaimé vers l’ouest jusqu’aux rives du Rhône et aux contreforts du Ventoux. Sur une pâte levée à l’huile d’olive, une couche épaisse d’oignons longuement confits à l’huile, parsemée d’anchois salés et d’olives noires entières. Pas de tomate dans la version originale. La cuisson au four à bois donne à la pissaladière une légère fumée incomparable. Elle se mange tiède ou froide, coupée en carrés, à l’apéritif ou en entrée. Sur les marchés du Ventoux, plusieurs boulangers la proposent à la coupe le matin.


R

Truffe noire du Vaucluse et produits du terroir provençal sur fond de marché hivernal

Ratatouille du Ventoux

La ratatouille, plat de légumes d’été mijotés à l’huile d’olive, est un classique de la cuisine provençale qui prend une dimension particulière au pied du Ventoux, où les maraîchers de la plaine du Comtat Venaissin produisent des courgettes, aubergines, poivrons et tomates d’une qualité exceptionnelle. La ratatouille “juste” n’est pas une soupe de légumes : chaque légume est cuit séparément, à point, avant d’être réuni dans la cocotte finale pour amalgamer les saveurs. Une ratatouille du Ventoux avec des légumes du jardin de juillet a une intensité gustative que les versions de supermarché ne peuvent pas approcher.


S

Sanglier des Bois du Ventoux

La forêt du Ventoux abrite une population de sangliers importante, qui fait l’objet d’une chasse réglementée de septembre à janvier. La viande de sanglier sauvage, plus sombre et plus parfumée que le porc domestique, entre dans la composition de nombreux plats hivernaux traditionnels : daube de sanglier, terrine, pâté en croûte, civet aux olives noires. Les charcutiers artisanaux de Malaucène et Vaison-la-Romaine proposent en saison des produits élaborés à partir de sangliers chassés dans les forêts locales : une manière de goûter ce terroir forestier dans toute son authenticité.

Soupe au pistou

La soupe au pistou est la grande soupe estivale de la cuisine provençale, équivalent provençal du minestrone. Un bouillon de haricots frais (coco blanc, haricots verts, flageolets), de courgettes, tomates, pommes de terre et pâtes est servi avec le pistou : un mélange pilé au mortier de basilic frais, d’ail et d’huile d’olive, parfois additionné de parmesan râpé dans les versions modernes. Le pistou (pesto en provençal) doit être préparé le jour même et ne pas cuire dans la soupe : on l’ajoute dans chaque assiette juste avant de servir. En août, les marchés du Ventoux fournissent tous les ingrédients au pic de leur saveur.


T

Tapenade provençale

Pour comparer avec d’autres traditions culinaires régionales, voyage-canada.com offre un beau panorama de la gastronomie québécoise artisanale.

La tapenade est à la Provence ce que le guacamole est au Mexique : une pâte de tartinage identitaire. Son nom vient du provençal “tapeno” (câpre) — l’ingrédient original et essentiel que les recettes industrielles gomment souvent. La tapenade authentique est composée d’olives noires dénoyautées, de câpres, d’anchois salés, d’ail et d’huile d’olive, le tout pilé (pas mixé) dans un mortier. Elle se tartine sur du pain grillé, accompagne les tomates, les poivrons rôtis et les œufs durs. La tapenade verte (à base d’olives vertes) est une variante moderne. Sur les marchés du Ventoux, les producteurs d’olives proposent souvent des dégustations comparatives.

Thym sauvage du Ventoux

Le thym sauvage (Thymus vulgaris) qui pousse sur les garrigues calcaires du Ventoux est aromatiquement bien plus intense que le thym de jardin. Ses petites feuilles gris-vert, récoltées en juillet par les cueilleurs locaux, parfument avec puissance les grillades, les sauces, les marinades et les infusions. Le thym du Ventoux est l’un des ingrédients de base du bouquet garni provençal (avec le laurier, le romarin et le persil). Il entre aussi dans la composition des “herbes de Provence” AOC et des tisanes digestives vendues sur les marchés. En infusion chaude avec du miel de lavande, c’est le remède traditionnel provençal contre les rhumes d’hiver.

Toupin provençal

Le toupin est la petite terrine en terre cuite émaillée dans laquelle sont préparés et servis les plats mijotés de la cuisine provençale. Fabriqués localement par les potiers de Vallauris, de Saint-Quentin-la-Poterie et de quelques ateliers du Ventoux (notamment à Brantes et Aurel), ces touppins sont conçus pour une cuisson lente au four à bois ou sur la braise. Leur forme évasée avec deux anses latérales et leur couvercle plat en font un ustensile pratique et décoratif. Les marchés d’artisanat autour du Ventoux en proposent de nombreuses variantes.

Truffe noire du Tricastin (Tuber melanosporum)

La truffe noire du Vaucluse et du Tricastin est l’un des produits gastronomiques les plus précieux de France. Elle se développe sur les racines des chênes pubescents et des chênes verts, justement les essences dominantes des garrigues calcaires du Ventoux. Les chênaies truffières s’étendent sur les collines entre Vaison-la-Romaine, Richerenches et Carpentras. La saison va de décembre à mars. Les marchés aux truffes de Richerenches (samedi matin) et Carpentras (vendredi matin) sont les plus importants du monde. Les prix varient de 400 à 1200 euros le kilo selon la qualité. Un gramme de truffe fraîche dans une omelette aux œufs du Comtat : une expérience gastronomique inoubliable.


V

Vin AOC Ventoux

L’appellation AOC Ventoux est reconnue depuis 1973. Elle couvre une quarantaine de communes autour du massif. Les rouges sont produits principalement à partir de grenache, syrah, mourvèdre et cinsault. Les rosés, secs et fruités, sont les vins de Provence par excellence. Les blancs, moins répandus, font l’objet d’un renouveau avec des cépages comme le grenache blanc, la clairette et le viognier. Les 150 domaines de l’appellation offrent des styles très variés, de la cuvée quotidienne accessible à 6-8 euros jusqu’aux cuvées parcellaires de prestige à 25-40 euros.

Vinaigre de vin de Provence

Les vinaigriers artisanaux du Vaucluse élaborent des vinaigres à partir de vins de l’AOC Ventoux et de l’AOC Côtes-du-Rhône. La méthode d’Orléans, lente et naturelle (transformation en surface par un voile de bactéries acétiques), produit un vinaigre d’une richesse aromatique incomparable par rapport aux vinaigres industriels. Le vinaigre de vin rouge aromatisé aux herbes de Provence (thym, romarin, sarriette) est un condiment indispensable des vinaigrettes provençales et des marinades pour l’agneau.


La truffe noire du Tricastin, diamant noir de la gastronomie provençale, sublimée par les produits du terroir du Ventoux
"La gastronomie provençale n'est pas un ensemble de recettes figées mais un dialogue vivant entre un territoire, ses saisons et ceux qui le cultivent depuis des générations."

Z

Za’atar et herbes séchées du marché

Le za’atar, mélange d’herbes séchées d’origine moyen-orientale (thym, origan, sumac, sésame), a trouvé une place inattendue dans les marchés provençaux du Ventoux grâce aux communautés issues de l’immigration nord-africaine et levantine qui se sont installées dans les villes du Vaucluse. Plusieurs épiceries fines de Carpentras et Avignon proposent leurs propres mélanges, incorporant du thym et de l’origan locaux au sumac et au sésame importés. Un pont culinaire entre deux traditions méditerranéennes qui rappelle la vocation de carrefour culturel de la Provence depuis l’Antiquité.


Pour explorer ces saveurs en situation, les villages autour du Ventoux abritent producteurs, artisans et restaurateurs qui font vivre chacune de ces spécialités. La gastronomie du Ventoux se découvre idéalement sur les marchés du matin, suivis d’une dégustation chez un vigneron et d’un déjeuner dans une ferme-auberge — un programme qui résume à lui seul l’art de vivre provençal.